Dans la rougeur du fil
Lundi vingt-quatre avril deux mille six. Seize heures passées de seize minutes. La journée d'hier s'est passée comme prévu, jeu de rôles de quinze à vingt-trois heures, précédé de trois heures de marche. Je suis resté dormir. Levé vers huit heures. Une demi-heure de marche jusqu'à la fac. Trois heures à faire du japonais dans la bibliothèque universitaire. Plutôt que de passer une journée entière à zoner à la fac, je suis rentré chez moi. Trois heures de marche. Toute cette marche commence à endurcir mes tendons, pour peu que je boive un demi-litre d'eau à l'heure, je n'ai quasiment plus mal. Il va s'agir à présent d'accroître la dose pour faire renaître le mal de plus belle.
Après une heure de relaxation, déjeuner devant un épisode de Columbo, ma journée peut commencer. Au programme, lecture, rangements, relire mes sources pour pouvoir me lancer au plus tôt dans la rédaction proprement dite de mon mémoire de maîtrise. Selon le calendrier défini fin février, il me reste un peu plus d'un mois. J'entends bien m'y tenir.
Mes marches d'hier et d'aujourd'hui se sont accompagnées de la lecture de "Pop. 1280" de Jim Thompson, roman écrit en mille neuf cent soixante-quatre, croustillant à souhait, qui témoigne d'une maîtrise des techniques d'écriture assez rare de nos jours. J'ai eu beaucoup de mal à faire autre chose que lire ce roman, qui se laisse dévorer comme le cœur d'un chaton à peine sorti du ventre de sa mère. J'ignore ce que vaut la traduction, mais j'entends bien découvrir ce qu'en ont pu penser Bertrand Tavernier et Jean-Bernard Pouy.
Le moral est au beau fixe. Je suis confiant non en l'avenir, mais en ma capacité à finir par bien vouloir me mettre en chasse d'un emploi, un jour ou l'autre. La gestion plus saine que j'ai de mes finances, depuis quelques heures, y est pour beaucoup. Si je parviens à maintenir le statu quo quelques mois, je serai peut-être suffisamment sorti du fond du trou pour en apercevoir les bords. Comme en un temps, sur les rives de la Volga...
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