Le glucose, c'est pour les sourcils
L'insomnie théinée était bel et bien au rendez-vous. Je n'ai pu fermer l'œil que vers cinq heures du matin. Réveillé vers neuf heures, je suis moins frais que je l'eusse pu souhaiter, mais le moral est au beau fixe. J'ai repris ma lecture de l' "Histoire des Etas-Unis" due à Franck L. Schoell, un classique semble-t-il, forcément utile à ma remise à niveau de ce côté-là.
J'envisage avec sérénité de marcher pendant trois heures pour rejoindre le lieu de mon exécution. Depuis quelque temps, j'ai constaté que mes mollets avaient gonflé, sans doute une conséquence de mon activité physique de ces dernières semaines. Du coup, et ça n'est sans doute pas lié, mon eczéma a tendance à refluer, ce qui est toujours bon signe, et toujours situé autour des mollets. Je n'ai pas encore choisi la victime de mon voyage, celle qui saura accompagner de ses cris mes flagellations piétonnes. Je me dis que faire tous mes déplacements à pied est une bonne idée. Si j'habitais Paris ce serait plus facile, mais en l'état, trois à six heures de marche par jour ne me font pas peur. J'ai l'impression de renouer avec un passé très ancien, quand j'avais dix ans, pas beaucoup de jugeotte et des mollets en allumette, et qu'on me forçait à marcher bêtement, au pas, le long des routes d'Ile-de-France, dans un uniforme ridicule, peu adapté au climat (en hiver, tout du moins).
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