La tête de veau se fait dans la marmite
Dans la marmite, se fait la tête de veau. Cette chanson me trotte dans la tête depuis plusieurs jours. Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou m'en contenter. Ca pourrait être pire. Le précédent leitmotiv était "Heat of the moment" du groupe octantisant Asia. Je ne suis pas sûr d'avoir gagné au change.
J'étais très fatigué hier soir. Je ne m'en étais pas rendu compte, mais à l'usage, je me suis écroulé comme une masse, après avoir exécuté un certain nombre de gestes rituels. Je n'ai rien lu, rien vu. Ma fin de soirée a été opérée dans les brumes de la veille trop longtemps maintenue.
Retour sur la journée d'hier. Comme je faisais le tour des rayons consacrés à l'apprentissage des langues étrangères, je demande au Sultan où se trouve le rayon indonésien. Je me retourne, et à l'endroit désigné, se trouve ni plus ni moins que le chef des profs d'indonésien de ma fac. Rencontre improbable. Il m'a donné les coordonnées de gens vendant à prix coûtant le dictionnaire hors-de-prix que proposait, sans que je tombe dans le piège, la grande librairie bleue du quartier latin.
Hier, toujours. Quand je suis parti, la cuisine des gens s'était changée en fumoir cubain, les cigares circulaient de main en main, de lèvre en lèvre et de plèvre en plèvre. J'ai mal aux pieds.
Dimanche deux avril deux mille six. Ou sept, je ne sais plus. Lever tardif, dormi moins que de raison, mais il faut bien surgir de temps en temps à la surface, faire semblant d'appartenir au monde des humains, avant de replonger vers les profondeurs de la vraie vie, celle qu'on ne partage pas. L'occiput est le seul théâtre utopique viable.
Programme de la journée: être malade. Ma gorge est de plus en plus inflammée, le nez et les bronches s'y mettent. Je vais marcher sous la pluie, ça me fera du mal. J'ai rendez-vous à Paris dans deux heures. Comme je n'ai plus de titre de transport ferroviaire valide, que je répugne à triturer mon vélo ce matin, et que j'aime avoir mal, je vais marcher. Dans la soirée, peut-être, aller au cinéma avec des gens.
En cours de lecture: "The dragon waiting" de John M. Ford (1983), le roman dont je parlais précédemment, sorte d'uchronie sise à l'époque de Richard III. Ca m'a donné envie de me remettre au gaélique, tiens. Au gallois. Et plus si affinités.
J'ai constaté avec plaisir que la bibliothèque de la fac restera ouverte pendant la première semaine des vacances. Je pourrai y aller perdre mon temps, et éventuellement travailler. La cafétéria sera fermée, je ne sais où je pourrai m'alimenter en thé au citron, ciel, quel trouble.
Penser à changer de chaussettes, les miennes commencent à se trouer.
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