Alunir sans effort

Publié le par Paraph


    Le quotidien poursuit son invasion. Il fait irruption jusque dans les interstices les plus secrets des engrenages les mieux huilés. Ce matin, après une nuit sans insomnie, réveil vers dix heures. Pas particulièrement frais ni dispos. Journée en demi-teinte qui s'annonce. Toujours mal à la gorge, mais ça va mieux après un ou deux thés. Le truc contre le mal de gorge, c'est de boire du thé, manger du miel, s'hydrater, courir dix kilomètres à poil dans la brousse. Je me contente de boire du thé en m'hydratant.

    Pris de velléités d'étude, le programme de la journée semble s'organiser ainsi: départ pour la bibliothèque de la fac, birman, chinois, indonésien. Je dois m'efforcer de présenter les examens de juin, en birman, sans être trop mauvais; je serai recalé, mais si je peux le faire sans trop de ridicule, ça sera mieux. Je n'ai pas peur du ridicule, mais si je peux procurer satisfaction aux enseignants, ça sera déjà ça. Ces gens-là ont besoin de soutien, surtout quand ils n'ont que quelques étudiants. Au milieu de tout ça, boire du thé avec des gens. Le soir, me rendre au concert de danse du sud de l'Inde. Je ne sais pas ce que ça vaudra, mais comme j'ai peu l'occasion d'assister à des spectacles de ce type, ça sera intéressant. Au moins dans le principe.

    "Allah n'est pas obligé" se révèle aussi bon que prévu. Dans le métro, je commencerai peut-être "A sec!" de Jean-Bernard Poüy, qui fait suite au formidable "Spinoza encule Hegel" lu il y a quelques années; ou autre chose, pour peu que je sois tenté, en scrutant mes rayonnages surchargés de livres, par quelque autre volume. L'avantage d'avoir été un acheteur compulsif, c'est que je dispose de beaucoup de munitions. Mes tentatives actuelles pour faire des économies peuvent se satisfaire d'une suspension totale dans l'achat de livres, j'ai largement de quoi voir venir. Le tout est de remettre la main sur les lectures ardemment désirées, enfouies quelque part sous la masse des mètres-cubes de papier, plutôt que de se contenter des ouvrages situés sur le devant, ou au sommet des piles. Penser à trier tout cela quand j'aurai devant moi une demi-journée à tuer.

    Parmi les choses à faire, penser à passer à l'antenne de la mutuelle étudiante se trouvant quelque part dans ma fac. Ca fait cinq ou six ans que je n'ai plus de carte Vitale valide, et je dois me faire rembourser ma consultation/prescription d'il y a deux mois, ne pas cracher sur l'argent quand on l'a sous le nez. Penser à le faire. Ca fait trois semaines que je me dis ça tous les matins. Un jour, j'y penserai pour de vrai. Programme de la fin de semaine: passer chez des gens le samedi, en voir d'autres (ou les mêmes, je ne sais plus) le dimanche. Aller au cinéma quand j'en trouverai l'occasion. Prochaine partie de jeux de rôles dans trois semaines. Ca va faire long. Les loisirs sont plus importants que la vie, ne l'oublions pas.

 
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Publié dans schopenhauer

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