Carapace en skaï
J'ai passé l'après-midi en sous-marin, puis je suis allé faire la sieste. J'émerge, il est vingt heures. Je me lève dans dix heures, je ne sais pas si je pourrai dormir. Dans l'intervalle, je compte soit regarder une série de dessins animés japonais, soit traduire des pages du bouquin d'essais indien sur lequel je suis toujours, malgré la grande parenthèse du CAPES qui vient tout perturber.
A vrai dire, je suis un peu KO. L'ensemble de cette expérience a quelque chose d'un peu surréaliste. Des examens, j'en ai passé des dizaines dans ma vie, mais là, c'est la première fois que je me présente à un concours. Bon, d'accord, je ne me suis pas vraiment préparé et je n'en attends rien, mais il y a des gens qui en le réussissant, ce concours, auront un boulot à vie comme fonctionnaire d'Etat. C'est une médiocrité autrement plus classe qu'être étudiant à vie.
Pour en revenir à des choses plus légères, j'ai nourri mon chat. Ca fait trois jours que je fais ça sans l'aide de personne. C'est bon de s'embourgeoiser un peu, parce que des fois, j'ai l'impression d'être coincé entre plusieurs classes sociales, alors que par définition, je ne crois pas à la notion de classe sociale. Mais je crois en la puissance d'une assiette vide, d'un unique costume déchiré, d'un radiateur froid comme le cœur des hommes, et je ne sous-estime pas les abîmes de déchéance auxquels la condition humaine peut prétendre.
Programme de la soirée: je l'ai déjà dit. Demain matin, ultime épreuve du CAPES, à moins qu'on me repêche pour les oraux, mais j'ai comme un doute. Les doigts de pieds en éventail, ça respire à l'air, mais sous les draps pas propres, ça favorise l'apparition des mycoses. Mince, ma métaphore est à revoir, je ne sais plus ce qu'elle est censée vouloir dire.
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