Mérou y es-tu?

Publié le par Paraph


    Je poursuis ma descente dans les régions souterraines où la lumière du soleil ne luit que rarement. Ce matin, je dois passer mon permis de conduire pour les grues d'une à trois tonnes. Ca n'a pas été facile, surtout pour un unijambiste comme moi, mais les nouvelles prothèses mises au point par le professeur Schlumberger m'ont permis de redécouvrir les possibilités de mon corps mutilé. Si tout va bien, je prendrai bientôt le pouvoir au Grœnland, grâce à mes ogives thermonucléaires à double fragmentation.

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    Cette nuit, j'ai rêvé, entre autres, que je me souvenais, pendant mon sommeil, d'avoir été marié, il y a sept ou huit ans, avec une jeune femme prénommée Isabelle (dont le visage me demeurait inconnu), morte peu après dans des circonstances non élucidées (en tout cas dans mon rêve); je me suis réveillé en larmes (toujours dans le rêve), persuadé d'avoir trouvé la raison pour laquelle, depuis sept ans, ma vie ne tournait plus rond, ne filait plus droit, avait des accrocs, succombait aux heurts, se laissait prendre aux collets des chasseurs de têtes du Grand Tout.

    Au réveil (le vrai), je sais pertinemment que je n'ai jamais été marié (dommage), que je ne le suis toujours pas (et que je vis seul, hurlant parfois à la lune, comme tout bon primate en rut), et que si ma vie est un échec, c'est parce que je ne sais pas jouer aux dames.

    Programme de la journée: finir un livre sur l'histoire et la situation actuelle de l'Asie du Sud-est; commencer un second livre sur le même sujet; passer chez une amie récupérer ses cours d'anglais contractés durant quatre années de fac, dans la perspective somme toute assez vague de préparer le CAPES que je suis censé passer dans dix jours (et que j'espère rater); me pointer comme une fleur à la pendaison de crémaillère du Collectif Féminin de la banlieue nord. Entre les deux, accompagner le Sultan dans son orgie d'achats, poursuivre mes recherches (plus que trente pages de mon livre de critique littéraire/sociale en hindi) et me remettre à l'apprentissage de l'indonésien, mes examens tombant dans dix jours, en même temps que le CAPES, donc.

    Hier soir, restaurant indonésien avec l'association. Bonne ambiance, bonne nourriture. Me suis rendu compte à quel point j'avais pu oublier le peu d'indonésien que j'avais su il y a deux mois.  Rencontrer des vrais Indonésiens et entendre certains de mes camarades discuter avec eux, m'a donné envie de m'y remettre. D'ici deux semaines, j'aurai sans doute davantage de disponibilités.

 
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Publié dans schopenhauer

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