Salade niçoise
Mon frère lyonnais me signale qu'il y a neigé. Ici, pas l'ombre d'un flocon.
Mes parents m'ont informé qu'un chat avait chanté toute la nuit (comme un avion sans ailes?). Pour ma part, je n'ai rien entendu.
Hier, je suis sorti poster une lettre. Le froid m'a terrassé, j'ai décidé de rentrer illico, au diable l'examen d'ourdou que je devais passer. Ce matin, je reste sous la couette. Quand on n'a pas de volonté, il faut savoir s'assumer.
J'ai terminé hier soir "Malavita", le dernier Benacquista. Lecture agréable, mais ça n'est pas, à mon sens, le meilleur roman de l'auteur. J'ai découvert, en faisant des recherches sur l'entrefilet, que son premier roman, écrit en 1985, et publié aux éditions Fleuve Noir, avait existé. Je doute de pouvoir mettre la main dessus. En attendant, ne me restent plus à lire que "Le contrat" et "La machine à broyer les petites filles", ainsi que les films et bandes dessinées auxquels il a collaboré. En espérant qu'un nouveau roman voie bientôt le jour.
En attendant que le sommeil vienne, je me suis rendu compte que j'étais, étrangement, attiré par les bottes noires qui montent à mi-cuisse. La mode féminine a cela de fascinant que ce qui semblait très laid il y a six mois, m'apparaît à présent comme une norme acceptable. La machine à voyager dans le temps qu'est le corps humain s'acclimate très bien à ce genre de paradoxe. Mon esprit est resté bloqué quelque part à la fin des années quatre-vingts, et voilà que le hasard des tendances redonne aux coiffures et aux silhouettes l'aspect d'il y a vingt ans. Musicalement aussi, les groupes de pop-rock du moment flirtent avec les synthés pourris d'alors. Je m'amuse comme un petit four.
Programme de la journée: avancer, voire clore, ma lecture de "Knife of dreams", onzième et pénultième volume de l'interminable "Roue du temps" de Robert Jordan. Il se passe enfin des choses, certaines intrigues vieilles d'une décade se résolvent enfin. Rester au chaud. Ce soir, sortir en ville, fêter les vingt ans d'une cousine. Ou, si je m'ennuie trop dans l'intervalle, m'aller faire une toile. Mais je n'y crois pas trop, le froid devra faire sans moi. La paresse a ceci d'exquis qu'elle peut s'accomoder de toutes les lâchetés.
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