Recherche

Publié le par Paraph


    Lundi vingt-et-un janvier deux mille huit. Treize heures quatre. Je continue sur ma lancée. Après une fin de semaine à me lancer timidement sur le marché de l'emploi, à tâter de l'orteil pour voir si elle est froide, je vais y tremper le coup de pied. Rien de bien concluant, donc, pour ma première semaine de recherche d'emploi. J'ai surtout essayé de faire jouer les contacts, histoire de voir s'il n'y aurait pas quelque chose d'immédiatement disponible. Le piston peut aider, dans ces cas-là. Mais je n'ai rien trouvé. Bon. Reste plus qu'à chercher.

    Jeudi dernier, j'ai reproduit, à l'identique, le schéma de la veille, me levant tard, ne mangeant que vers quinze heures, avant de filer vers la salle informatique de l'institut universitaire de formation des maîtres, pour me relier au monde extérieur et consulter mollement les offres d'emploi proposées. La soirée a été consacrée à la consolidation de mon égo, pour ne pas me laisser emporter par la tempête karmique à l'œuvre dans ma vie.

    La famille a plus ou moins bien pris ma décision, et son mauvais timing. Mon père est le plus touché, n'appréciant ni mon geste, ni ses conséquences, non plus que mon imprévoyance financière. Je ne saurais lui donner tort. Après, vécu du dedans, il y a des raisons parfaitement bonnes d'avoir fait ce que j'ai fait, dans les circonstances et sous les conditions effectives appliquées. Mal appliquées, certes. Mais appliquées. Le choix n'a pas été facile, ni même sa réalisation. Je ne m'en mords les doigts qu'à moitié, puisque j'en tire une expérience, des leçons, une angoisse renouvelée, tout un tas d'emmerdes.

    Vendredi, j'ai opté pour une délocalisation parisienne. Je suis passé chez Ramethep, pour un brainstorming pré-emploi, et une sauvage séance de vidéophagie, avec des films post-apo italien ("Les nouveaux barbares") et philippin ("Les nouveaux guerriers", ou tout titre approchant), un morceau des "Mystérieuses cités d'or", une adaptation du roman de Kurt Vonnegut "Breakfast of champions" et sans doute autre chose. Le souvenir s'en est à-demi estompé.

    Samedi soir, mon frère m'a rejoint chez Ramethep, avant de m'inviter à manger un steak et de m'accompagner au cinéma pour aller voir "Trente jours de nuit", un fim de vampires dans le grand Nord. Reproches modérés, conseils avisés, compagnie agréable. Nos rares moments passés ensemble sont toujours un plaisir entier. Retour vers trois heures du matin, je me suis terré dans ma sous-pente, convertie en débarras, au domicile parental.

    Dimanche vingt, après avoir subtilement esquivé mon père, parti arbitrer les destinées humaines, j'ai déjeuné avec ma mère, qui m'a montré figure humaine, et ma sœur, qui m'a parlé de ses problèmes d'orientation. Une partie de scrabble a scellé la réconciliation. Dans la foulée, pour ne pas déroger aux bonnes habitudes, partie d'Earthdawn à Massy, suivie d'une partie de boggle chez ma tante. Revoir des gens, au visage souriant, m'a réconcilié avec l'espèce humaine.

    Ces derniers jours, peu de lectures, neutralisées par l'angoisse ou la traque au travail. J'ai terminé le Coupland entamé, qui est bon, décidément de la seconde période, comme l'était "Miss Wyoming", lu le mois dernier. "All families are psychotic" est donc du même tonneau. J'ai encore trois ou quatre romans de Douglas Coupland en stock, que je lirai à petit feu dans les mois à venir.

    Un Jean-Bernard Pouy cru quatre-vingt-neuf consommé sur le pouce, "Le cinéma de papa", roman policier sans flic, un fils éploré à la poursuite du passé, sur pellicule et à coups de lance, entre la pampa brésilienne, les falaises normandes, le maquis corse et la conurbation parisienne. Le mystérieux "Daniel P." remercié au frontispice est-il l'auteur de ce merveilleux roman, "Le dictateur et le hamac", également situé au Brésil, publié quinze ans plus tard? On peut se poser la question, et y répondre par l'affirmative. Hop.

    En chantier depuis trois jours, mais à peine entamé, vie sociale oblige, et puis c'est un pavé, "Conventions of war", de Walter Jon Williams, troisième et ultime volet de la trilogie "Dread empire's fall". Combats spatiaux, espionnage, résistance, écartèlement sentimal et enjeux titanesques. Les héros se réconcilieront-ils, et parviendront-ils à sauver l'empire du coup d'état qui l'a ébranlé sur ses bases? Gageons que oui.

    Programme de la journée: mettre à jour mon CV (de lapin) et commencer à envoyer des lettres de motivation. Dans l'après-midi, fuir le monde matériel pour me réfugier sous terre. En soirée, dîner avec un ami, qui aura ou n'aura pas de piste à me proposer. Prendre le dernier train pour Orléans, à moins que je ne trouve à me loger sur Paris ou sa banlieue. Dans les jours à venir, chercher activement un gagne-pain, le mien est cassé.

 
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Publié dans schopenhauer

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