La Griffe du Manchot

Publié le par Paraph


    Mercredi quatorze mars deux mille sept. Quatorze heures trente-neuf. Bienvenue dans un monde sans finances, ou sans financements. Mais je récolte ce que j'ai semé, je n'aurais pas dû prendre en avance mes billets de train de dans deux mois, tout ça pour payer moins cher, ni même opter pour une carte orange, par confort. Je sais d'ores et déjà que le mois prochain, je ne roulerai pas en métro, j'aurai à me contenter du vélo, de la marche à pied et du domicile. Et des voyages organisés.

    Avant-hier, lundi douze mars, je comptais aller au cinéma, mais pour d'obscures raisons administratives (un dossier d'inscription concours à renvoyer dans les plus brefs délais, un pied-de-grue à la poste en attendant qu'on veuille bien me servir, la course aux timbres et le remplissage de paperasses diverses), j'ai raté ma séance. Après moulte tergiversation, j'ai fini par me rendre à la fac, deux heures en avance. Ai rencontré quelques amis, connaissances, quidams sur le chemin de l'école. Propos creux.

    Une fois présent, j'ai passé mes deux premières dans la salle de lecture récemment installée dans une annexe de la bibliothèque. J'y ai terminé le livre commencé dans le train, "La reine du silence" de Marie Nimier, réflexion sur son père Roger (que je n'ai jamais lu), tout en saignant du nez, avant de faire mon grand retour en estonien. Un peu largué, je l'avoue. Une heure sur le cinéma estonien. Une heure de grammaire dont j'ai déjà tout oublié (penser à relire mes notes d'ici vendredi), une heure d'exercices d'application, j'ai brandi les suffixes au hasard. La reprise de contact s'est plutôt bien passée, humainement, je ne me suis pas fait lapider par mes enseignants, malgré mes deux mois de silence.

    Sur le chemin du retour, Edriwing m'intercepte, je passe chez lui, discute un peu avec ses colocataires, programme une partie de jeu de rôles pour un avenir lointain, attends minuit et demie pour faire mon premier repas de la journée. Visionnage d'un mauvais film ("The sin eater", alias "Le purificateur"), puis lecture sous la couette en attendant le matin.

    Un détail que j'avais oublié: samedi dernier, je me suis fait mal au poignet en jouant au jedi avec une poëlle en fonte. Son manche s'est replié, l'ustensile m'est retombé sur l'avant-bras. Rien de cassé, juste un gros bleu. Penser à ne pas retenter l'expérience. Une poëlle en fonte n'est pas un sabre laser.

    Hier, mardi treize mars deux mille sept, j'ai matiné gras, avant de poursuivre ma lecture (des bandes dessinées américaines) pendant une heure ou deux. En milieu d'après-midi, séance de cinéma dans le quartier latin. "Inland empire", le dernier Lynch, plus réussi que les deux précédents, plus cohérent, et puis j'ai dormi, ça aide à comprendre. Bobun sur place, puis thé/russes blancs chez Ramethep.

    Visionnage de "Highlander V: The source", enfin sans Lambert, qui a tenu toutes ses promesses. Adrian Paul en manteau de fourrure, confronté à un gladiateur accéléré, quelque part en Europe centrale. Les immortels n'ont plus de maux de tête quand ils se croisent, un des amis de Duncan McLeod meurt irrémédiablement, l'histoire s'achève sur un suspense insoutenable. Sorti directement en vidéo aux Etats-Unis, et pas du tout en France, il s'agit semble-t-il du premier volet d'une trilogie sur le Graal. Meilleur que les deux films précédents, soit dit en passant.

    Programme de la journée: tailler ma barbe, sauf si la flemme m'en empêche. Ce soir, je dîne à l'ambassade. D'Estonie. Invitation in-extremis lundi, j'ai bien fait de passer à la fac. Au menu, soupe de pois, visionnage de films et baragouinage dans une langue inconnue. Une trentaine de personnes, dont l'ambassadeur et les étudiants avancés. Les boules. Mais on mange à l'œil, donc je vais voir. Et puis, c'est l'occasion de découvrir la nouvelle ambassade, ils ont déménagé depuis le repas de noël où j'avais testé la choucroute locale. En fin de soirée, s'il en reste, tenter de passer au cinéma. Je trouverai bien un film à manger en attendant le dernier métro.

 

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Publié dans schopenhauer

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