Solstice dans les prés
Mercredi quinze novembre deux mille six. Minuit une. Deux nouvelles journées de vadrouille contrôlée. La soif me taraude. J'ai dû manger trop de pâtisseries orientales.
Hier, mardi quatorze novembre deux mille six, je n'ai pas pu me lever à temps pour aller bosser le matin, vers sept heures. Trop de fatigue accumulée. Une dette de sommeil, comme dit une camarade de classe médecin à la retraite. Levé vers onze heures, plutôt en forme. Déjeuner en famille, puis modification de plan pour la journée: travail l'après-midi, pour rattraper le matin chaumé.
Trois heures de boulot sans grand intérêt, pour changer. Conjonction chez Ramethep, Zubayidi et une amie étaient de passage. Prise de thé. Et whiskey irlandais, que je commence à goûter. Un peu de vodka aussi, juste pour le goût. Le supermarché fermant tôt, plan restau tamoul vers la Gare du Nord. Public satisfait. Retour à la base. Visionnage de "Dhar l'invincible II" et "Turkish Star Wars", deux films intellectuels, expérimentaux, avec des effets spéciaux à couper le souffle. Ai essentiellement dormi pendant le second. Couchés vers quatre heures.
Resté dormir sur un bout de plancher, j'ai pu me lever plus tard que chez moi. Départ difficile vers huit heures, suis arrivé à l'heure pour le boulot. Une orange en décomposition dans mon sac à provision m'a empêché de prendre un vrai petit déjeuner; j'avais deux ou trois barres de céréales dans le fond, j'ai préféré balancer le tout, marre d'avoir les doigts poisseux, couverts de pustules.
Ce matin, un lapin a tué un chasseur. Deux heures de glande, une heure de coup de feu. A midi, déjeuner avec deux collègues dans une gargotte japonaise près de l'Opéra, soupe aux nouilles et raviolis grillés. Puis séance de cinéma avec l'une d'entre elles, "Le dahlia noir", adaptation réussie du roman pas lu de James Ellroy. Je m'y mettrai un de ces jours. Presque pas dormi, j'ai pu suivre l'intrigue. Bonne interprétation, bonne ambiance, plot un peu confus. Et Scarlett Johansson dans son septième long métrage de l'année.
Après le film, passage à la fac. Je voulais changer mon billet retour de ce week-end, mais l'agence fermait tôt, et j'ai croisé une copine avec qui j'ai préféré prendre un thé au citron. Soirée consacrée à la vie associative, pot de rentrée des étudiants d'indonésien, vente de places pour un karaoke chinois auquel je ne me rendrai pas puisqu'il tombe en plein pendant mes cours de letton, et projection d'un film iranien, en présence du réalisateur et d'une quarantaine d'étudiants.
Après le film, que j'ai revu avec plaisir, thé et gâteaux iraniens avec les survivants. Discussions intéressantes, rencontre imprévues, et départ de la fac vers vingt-deux heures, trop tard pour aller à la dernière séance. J'y retournerai demain.
Programme de la soirée: ne pas dormir tout de suite, thé oblige. Je viens de commencer "The land of laughs", roman de Jonathan Carroll datant de mille neuf cent quatre vingts. J'accroche bien sur le début, il se peut que j'y consacre une partie de la nuit. Programme de demain: dormir tard, échanger mon billet de train si cela s'avère possible, aller en cours de letton, voire de lituanien si j'en trouve la motivation. Et passer au ciné, je suis en cure d'intoxication.
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