Pesanteur

Publié le par Paraph


    Mercredi deux août deux mille six. Vingt-et-une heures cinquante-huit. Fatigue, début de crève mal soignée, je subis le contre-coup de mes trois dernières journées. Je n'ai toujours pas repris le Grand Chantier de l'été, ce mémoire que je dois absolument avoir terminé de rédiger pour la fin du mois, et je ne sais pas si je serai en mesure de tenir les délais.

    Avant-hier, mardi trente-et-un juillet, réveillé avec la ferme intention de travailler au moins quatre heures d'affilée, soit le minimum pour être vraiment efficace, je n'ai finalement rien fait. La matinée fut consacrée à divers jeux en compagnie de Vertige, de passage pour l'occasion, et comme je me mettai à l'œuvre en début d'après-midi, une série de coups de fil est venue bouleverser mes plans. Rencard dans un pub de la capitale avec l'amie de Toulouse m'ayant hébergé le mois dernier, puis péripétie dans la cave de l'hôtel où bosse Joe Gold pour récupérer une pile de bouquins qu'il n'aura pas, du coup, à rapatrier en Suisse à la fin du mois. Dans la soirée, repas en petit comité à Saint-Denis pour fêter les trente-et-un ans du Sultan.

    Hier, mardi premier août, après une courte nuit sur un lit de fortune, consécutive à quelques parties de cartes endiablées, le Sultan et moi-même avons fini par filer sur Paris pour acheter un jeu, manger un bobun et passer chez Ramethep, où squatte Vertige pendant quinze jours, pour étrenner ledit jeu, "Créatures et cultistes". Je suis resté dormir sur le tapis, en ayant déjà mal au dos à cause des livres à transporter tout le long de la journée.

    Ce matin, après avoir dormi quelques heures, j'ai bouquiné en attendant l'éveil des camarades. J'ai réglé son compte à Fred Vargas, et je suis à présent concentré sur "The horse whisperer" (habilement traduit "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux"), le roman ayant été adapté à l'écran en un film avec Robert Redford, que je n'ai pas vu. L'histoire d'un cheval, d'une fille estropiée et d'un cowboy psychologue. Vers quatorze heures, opération kebab, puis dispersion générale. Vertige m'accompagne pour rejoindre ma banlieue, le Sultan, qui attend toujours son visa de travail pour l'Inde, retourne dans sa province nordique.

    Quelques parties de "Chromino", un jeu de dominos colorés avec mes parents et Vertige, puis repas et ballade dans la banlieue. Vertige reprend le chemin de la gare, et me voici de retour au domicile parental. Crevé, mal de crâne, grosse fatigue accumulée. J'ai enfin pu prendre une douche, me changer de vêtements, ce genre de détails. Si la nuit qui s'annonce imminente tient toutes ses promesses, je serai peut-être en mesure d'être actif demain.

    Programme de la soirée: à travers la brume dorée qui m'entoure, gagner mon lit, lire une demi-minute, et dormir douze heures d'affilée. Demain, travailler au moins six heures d'affilée à mon mémoire. Faire le point sur les lacunes de mes lectures préliminaires, entreprendre de les recommencer, prendre des notes supplémentaires, et commencer à rédiger la nouvelle mouture du mémoire. Déterminer si je peux matériellement expédier la besogne dans les dix jours à venir. Ca me semble jouable, car je compte bien entendu m'y mettre sérieusement, et ne presque pas voir d'amis pendant cette période. Travailler six heures par jour, dormir dix, manger deux, glander six. Et dans dix jours, partir en vacances les mains vides, pour donner le coup de collier final dix jours plus tard, à dix jours de l'ultime échéance. Mission impossible? Affaire à suivre.

 

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Publié dans schopenhauer

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