Aux sources du Nil

Publié le par Paraph


    Mardi treize juin deux mille six. Dix heures quarante-quatre. Nuit semblable à toutes les autres. La chaleur étend sur toute chose son voile horripilant. Je me réjouis de ne pas être, comme le Sultan en ce moment, soumis à des températures de dix degrés plus élevées, dans un pays percuté par la mousson. L'air conditionné demeure mon pire ennemi. Je préfère suer, sentir mauvais, indisposer mes congénères, plutôt que m'enrhumer au contact de ces machines infernales, mues par le fréon qu'elles renferment en leur sein. Si seulement j'avais un vélo en état de marche, je me considérerais comme le plus heureux des hommes. Au moins le temps de filer droit, dans le vent, vers un but hors d'atteinte, l'horizon sous ma botte et le moteur dans mes mollets.

    Programme de la journée: un peu comme hier. Je dois notamment finir la relecture du mémoire d'un ami. Dans la foulée, me remettre à l'indonésien, j'ai un examen à passer demain. Je crois. Plus tard dans la journée, prendre un pot avec mon libraire, puis quelques bières avec un ami, occupé comme moi, mais plus efficacement, à préparer les oraux d'un concours de recrutement du personnel enseignant de l'éducation nationale. Si nous ne sommes pas chassés des pubs par des hordes de souteneurs prêts à manger le cœur des gens en signe de soumission au Grand Dogme en short de notre époque, la soirée s'achèvera tôt. Je serai alors forcé de regagner mon domicile, où m'attendra la suite de mon exil au quotidien.

 

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Publié dans schopenhauer

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