Et le combat cessa

Publié le par Paraph


    Dix-sept heures vingt minutes. J'ai passé l'après-midi à lire Philip Roth, qui doit semble-t-il sortir un nouveau roman la semaine prochaine, et j'espérais que le repos mettrait un terme à ma douleur. Douleur? Le terme est un peu fort. Disons que j'espérais, que le repos mettrait une sourdine aux tiraillements, aux craquements, aux exigences pressantes de mes tendons, des tendons de mes jambes, mes jambes fatiguées par l'usure, par l'usage excessif que j'en fais ces temps-ci. L'excès n'est pourtant pas si marqué -- je ne marche que deux à cinq heures par jour -- mais c'est déjà trop, semble-t-il.

    Devant le refus de mes jambons, de mes guiboles, de faire leur travail de membres inférieurs bien dressés, obéissants, attentifs à satisfaire jusqu'au moindre souhait de leur maître, je me trouve dans une impasse. Ou plutôt, dans une rue à sens unique. Je vais bien être obligé de tout faire pour remettre mon vélo, ma bicyclette, ma fidèle monture tant endolorie par l'expérience de l'été dernier et le rude pavé parisien, en état de marche, le rendre à nouveau capable de prendre la route, et d'amener, plus vite qu'à pied et sans le coût prohibitif d'un voyage en train, son propriétaire à bon port. Je suis le propriétaire, le port est situé au fin-fond du quart nord-ouest de la capitale, dans un coupe-gorge où s'amoncellent les immondices, au grand dam des agents de la maréchaussée, qui regardent, impuissants, tandis que s'amasse cette marée de déchets.

    En route vers de nouvelles aventures, forcément poussives, à défaut d'être passionnantes, sur les chemins de la capitale, rien de tel qu'une bonne suée pour dégouliner des pieds à la tête.

 
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Publié dans schopenhauer

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