Trente-huit Heures

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    Lundi deux juin deux mille huit. Vingt-trois heures vingt-et-une (heure française, dix-sept heures vingt-et-une). Alors qu'il ne me reste plus que trente-huit heures de cours à assurer avant la fin de mon contrat, les choses semblent prendre un cours résolument tourné vers le départ, de plus en plus proche.

    Aujourd'hui, j'ai contacté m'a compagnie d'aviation pour avancer de sept mois mon retour. Je quitterai la Chine depuis Shanghaï, le mercredi vingt-cinq juin prochain, sur les dix heures quatorze. Le Sultan sera du même vol. Une fois à Londres, terminus de mon avion, il me faudra encore regagner Paris avant de me sentir chez moi. J'ai à la fois hâte d'y être, et un certain plaisir à pouvoir jouir davantage de la Chine, dans les quatre semaines à venir.

    Le retour à la vie active, après l'épisode quasi-vacancier hong-kongais, n'a pas été facile, mais j'ai fait le nécessaire. Je me tiens à mes résolutions de ne rater aucun cours d'ici au treize juin, cas de force majeure mis à part (par exemple, devoir parcourir mille bornes pour renouveler mon visa). Mes cours ne sont sans doute pas d'une qualité optimale, mais je m'efforce d'assurer l'essentiel, présentiellement et vocalement. Je parle beaucoup, je m'égosille, je perds mes poumons dans la tourmente.

    Hier, je me suis acheté une cible, avec fléchettes, qui trône sur le mur de mon salon. Quand je sera de retour en Europe, j'espère àtre devenu un pilier de pub, capable de coincer les dards dans les interstices tout petits qui multiplient par trois le score de la colonne. Je pense quotidiennement à mes ennemis, et je dirige mes missiles, à défaut de leurs corps haïssables, vers la cible.

    Depuis quelques jours, deux ou trois selon les derniers calculs en date des experts, je me suis remis au sport, sur une base de deux heures par jour environ. Badminton, ping-pong, basket-ball, tout est bon pour donner et se sentir valeureux auprès de ses pairs. Je privilégie le badmindton, auquel je ne connais rien, et la course à pied autour du stade, que j'essaie de déceler depuis que les chameaux broutent à Beyrouth. Un kilomètre de plus chaque jour. J'en suis à trois, mais je ne désespère pas de la voir smile again some day.

    Constat, certes embarassant mais il faut bien se rendre à l'évidence: je suis en train de m'endormir, et mes propos peuvent sembler incohérents. Inutile. Je me sacrifice pour la noble cause. Nous tenterons demain d'éclaircir les brumes tendues par l'esprit humain depuis longtemps, et de filer aux trousses de ce faux chevalier.

Programme de la soirée: look, I'm BUSY
goddamn. Hmm. Je perds le contrôle. Dormir. Demain, tenter de démêler l'écheveau en récupérent le toll et il le fit. Suite au prochain épisode.

 
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S
Non mais n'importe quoi. Ça n'a vraiment aucun sens tout ça. Tu ferais mieux d'aller te reposer.
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