Aux Contreforts de la Santé Mentale
Jeudi dix juillet deux mille huit. Treize heures dix-neuf. De retour sur Paris depuis cette nuit. J'y serai jusqu'au dix-huit du même mois. La semaine que je viens de passer à Lyon ne m'a apporté que de l'usure, un brin de routine et du décalage. Je suis résolument ancré, du moins mon horloge interne s'en est-elle persuadée, sur un mode insomnie/grasse matinée, ensevelissement vers trois heures du matin pour émerger vers midi. Redresser le cap si l'on veut profiter de l'été parisien sans déprimer.
Justement, depuis quelques jours, les pensées sont floues, l'enthousiasme mou, les hautes instances de mon occiput rechignent à entreprendre toute action d'envergure, comme me lever le matin, manger autre chose que des céréales dans du lait froid si personne ne me force à déjeuner, appeller des gens ou répondre aux courriers électroniques qui s'entassent dans ma boîte. Pas du vague-à-l'âme, mais on s'en approche. Se secouer les puces tant qu'il est temps.
En lecture molle ces jours-ci, "The Black Company", de Glen Cook; "Vie et mort de la jeune fille blonde" de Philippe Jaenada (je le commence tout à l'heure), toujours un peu de Beckett et des nouvelles de George R.R. Martin que je picore dans son anthologie "Dreamsongs". Les insomnies du moment s'accompagnent de maux de tête, peu propices à la bibliophagie si pratique pour tuer le temps dans ces moments-là. Le débit reste donc désespérément lent.
En chantier cette semaine: reprendre mes travaux de terrassement dans la chambre encombrée au domicile parental; exhumer mes cours de chinois, histoire de rafraîchir mon interface linguistique avec les indigènes que je retrouverai dans moins de deux mois; chercher, voire acheter, un billet d'avion pour mon retour en Chine, puisque je dispose désormais d'un visa de travail à compter du mois prochain; revoir des amis, me rendre disponible, célébrer la saison estivale comme elle le mérite; trouver un adaptateur pour pouvoir brancher l'ordinateur portable acheté en Chine, et commencer à faire joujou dessus.
Programme de la journée: lire mollement, faire la sieste. Si le cafard menace de s'installer, chevaucher ma bicyclette et sillonner la région en quête d'un peu d'ozone. En fin de journée, soirée fromage chez Ramethep; penser à confirmer d'ici là. Ecouter de la musique, très utile en cas de bluette saisonnière.
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