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Lundi 25 février 2008

    Lundi vingt-cinq février deux mille huit. Seize heures cinquante-deux. Les choses commencent à bouger plus vite. Mon principal objectif de la semaine passée, faire le ménage par le vide dans mon espace vital, est en voie d'être atteint. L'objectif de cette semaine consiste en un tour d'horizon des personnes disponibles, physiquement et socialement, dans mon entourage parisien ou assimilé, pour les voir une dernière fois avant de mettre les bouts.

    Si tout se conforme aux prévisions, d'ici une semaine, je serai à dix mille mètres d'altitude, propulsé au-dessus du monde par de puissants réacteurs asservis à ma volonté. Je n'y serai pas seul, puisque le Sultan est du même tonneau en partance pour Ailleurs. En croisant du bois, on peut espérer que tout se déroulera sans accroc, et que j'atterrirai en un morceau, dans un cadre nouveau, pour faire la même chose, mais moins bien payé, loin de mes proches. Mon cœur se réjouit de la perspective, et pour ne pas trop réfléchir, je m'active à tout-va.

    Vendredi dernier, j'ai poursuivi mon défrichement à domicile, pour réduire les piles de feuilles, les déplacer, brasser la poussière, la respirer, la recracher avec un peu de ma substance interne. Les piles se sont réduites, j'ai dû produire une quinzaine de sacs poubelle de déchets à évacuer, essentiellement du papier. J'ai pu vider tous mes cartons rapatriés d'Orléans, pour en transférer le contenu (des livres, pour l'essentiel) sur les étagères libérées pour la circonstance. Tout s'est déroulé selon mes attentes.

    La prochaine étape, et j'y suis plongé depuis ce matin, fait appel aux forces vives à l'origine du monde. Muni d'un prodigieux outil, j'aspire la poussière pour l'ôter de mon espace vital. Ainsi dépoussiérée, la pièce redevient respirable, et ses habitants mourront les poumons propres. Prochaines étapes, à expédier d'ici ce soir: opérer un ultime tri de la paperasse, archiver ce qui aura survécu, déplacer les meubles pour aspirer la poussière tapie derrière, avant de m'attaquer à un adversaire de taille: mon armoire. En bonus, le dessus de l'armoire, où se sont accumulés quinze ans de décharge. Accès difficile, articles encombrants, tout se ligue contre moi. Mais à l'issue de mon labeur, l'espace sera transcendé.

    Vendredi dernier, en soirée, j'ai rejoint Tormentor en son domaine, pour y écouter de la musique insolite, y regarder un excellent western ("Jeremiah Johnson", avec Robert Redford il y a trente-cinq ans), y déguster un bon vin rouge, y boire une demi-douzaine de bières, y enfourner diverses victuailles et y parler, beaucoup, car l'ivresse me rend locace. Je suis rarement ivre, car mon estomac s'y oppose en général, mais ce soir-là, j'ai pu goûter l'étreinte de la vigne, aux nombreuses ventouses, et errer sur les cimes de l'exaltation ainsi procurée.

    Je suis resté sur place, dormir et lire, notamment une série de bandes dessinées vieille de vingt ans, "Les Tours de Bois-Maury", due au dessinateur belge Hermann. Au milieu de la nuit, après avoir consulté compulsivement mon mail, j'ai appris où j'allais passer les douze prochains mois (deux mille kilomètres plus à l'est que prévu, mais dans le même pays). Commencé dans la journée, "La course au mouton sauvage", de Murakami (Haruki, bien plus agréable à lire que Ryû). C'est un roman agréable, un poil onirique, mais moins surréaliste que "La fin des temps", seul autre ouvrage du maître essuyé jusqu'à présent.

    Samedi vingt-trois février, j'ai regagné, dans la matinée, le domicile parental, pour y partager le déjeuner familial. Dans l'après-midi, au lieu de m'atteler à la suite de mes rangements, j'ai filé sur Paris, pour une partie de jeu de plateau chez Edriwing. La partie fut courte, et j'allai, dans la foulée, chez le Chat pour manger de la tarte au thon, boire des bières et regarder des vidéos, "R-point", un film de guerre avec fantômes coréen, et un truc japonais délirant sur un lycée peuplé de voyous. J'y suis resté dormir.

    Dimanche vingt-quatre février, je n'avais pas de jeu de rôle prévu. Au lieu de quoi, je suis resté ranger. Les choses ont considérablement avancé, et j'ai sorti l'aspirateur. En soirée, je suis passé chez Ramethep, bientôt rejoint par Vertige et Edriwing. Alimentation sur place, en solo, et discussions jusque vers minuit. Retour par le dernier métro, sous la pluie. Il n'y a plus de saisons, paraît-il.

    Ce matin, j'ai constaté que les abeilles étaient sorties d'hibernation, puisque, comme tous les ans, elles sont venues reprendre le pollen déposé dans les conduits d'aération de ma fenêtre. J'ai poursuivi mon nettoyage par le vide, jusque vers midi moins le quart, où le Sultan m'a appelé pour me confirmer la validité opératoire du plan en mouvement. Hop. Comprenne qui pourra. Notre imprésario nous a dégoté un job immédiat à l'autre bout du monde. A nous de nous débrouiller pour avoir effectué, d'ici là, toutes les étapes nécessaires.

    Programme de la journée: poursuivre mes efforts de rangement. Si tout va bien, ce soir, j'en aurai terminé. En deuxième partie de soirée, partie de boggle chez ma tante, la dernière avant longtemps. Demain matin, faire la queue devant le consulat de Chine pour demander un visa. Entre aujourd'hui et demain, trouver un billet d'avion pas cher. Faire les yeux doux à mes parents pour qu'ils m'avancent l'argent. Dans la semaine, dire adieu aux amis, résilier mes abonnements et préparer le départ. Lire quand j'en aurai le temps. Je ne pourrai, hélas, pas tout emporter dans ma vie à venir.

 










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Vendredi 22 février 2008

    Vendredi vingt-deux février deux mille huit. Onze heures cinquante-quatre du matin. Fin de ma première semaine de réinsertion. Le retour définitif en région parisienne s'est bien passé. Je n'ai pas décroché la timbale de l'emploi immédiat, ni conquis le cœur d'une belle éplorée. Je me suis fait des ampoules à trop marcher, j'ai avalé des litres de poussière à trop la déplacer, et mes finances ne tiennent qu'au fil de l'interventionnisme parental (offre limitée dans le temps, saisissez les derniers stocks disponibles!). Mais le moral est bon, j'ai la nette impression d'aller de l'avant, et l'avenir, pour peu qu'il m'accueille en son bungalow, s'annonce radieux. Que demander de plus?

    Le principal objectif de la semaine, outre la découverte d'un emploi (qui sous-tend, en filigrane, tout ce début d'année civile), était, et demeure, mais on s'y achemine, le grand nettoyage de pré-printemps. Je m'y suis attelé, avec un succès certain, quoiqu'encore partiel. J'ai pris mon courage à deux mains, le taureau par les cornes et des sacs poubelle à la cave. Pour le moment, j'en suis à mon sixième sac de la semaine. Pour l'essentiel, je jette des monceaux de papiers entassés au fil des ans. Je procède par strates. Hier, je me suis attaqué à la strate quatre-vingt-quinze-quatre-vingt-dix-huit. Il me reste encore le tronçon nonante-huit-deux-mille-trois, qui s'annonce coriace. Et toujours la poussière, que j'avale par vagues, et qui retombe lentement, la nuit, en embuscade, pour s'agréger à ma gorge, innocemment ouverte sur le monde. La respiration sera ma perte, si l'ensablement n'a eu raison de moi auparavant.

    Si je me repenche, brièvement, sur l'événementiel de la semaine, ça n'est pas bien follichon. Nous passerons sous silence les nombreuses heures consacrées à la recherche d'emploi (courronée d'épines, à défaut de succès), pour nous concentrer sur le reste. Lundi dix-huit, j'ai pu jouer au scrabble avec ma mère, avant de filer sur Paris pour une pizza-party chez Ramethep. Ou quelque chose d'approchant. Vertige était là. Nous avons regardé "The prestige", que j'avais déjà vu à sa sortie dans les salles, mais que je n'ai pas été gêné de revoir. Et je suis rentré. Hop.

    Mardi dix-neuf, rebelote. Euh, non, en fait. J'avais mon état des lieux. J'ai filé sur Orléans, pour un ultime adieu aux lieux que j'ai hantés, six mois durant. J'ai pris le train en milieu de matinée, et après un retard d'une heure, j'ai pu débarquer sur place sur le coup de treize heures trente. Rendez-vous à quinze heures avec le proprio. Dans l'intervalle, j'ai passé un coup de balai dans chaque pièce, un coup d'éponge sur les éviers, lavabos, toilettes et autres surfaces susceptibles d'avoir accueilli la souillure des longues soirées d'hiver. J'ai décroché mes rideaux, que j'ai enroulés dans mon sac, au risque de plier les tringles, ce qui advint. Il me restait une demi-heure à tuer, que j'occis en lisant, assis par terre, les dernières pages de "Growing up weightless", de John M. Ford, merveilleux roman sur la lune.

    Le propriétaire est arrivé avec un quart d'heure d'avance. Tout est allé très vite. Rien à signaler, sinon ma serrure de boîte aux lettres, à changer, mais je le savais déjà. La caution devrait m'être rendue, enfin, rendue à mon bailleur, mon père donc, d'ici quinze jours. Merci au revoir bonjour chez vous. Je suis reparti, une dernière fois, le long de la Loire, entr'apercevant les oies qui, de retour au pays, profitaient de l'abaissement des eaux pour fouailler la vase à la recherche de vers microscopiques pour reconstituer leur masse corporelle. Je ne les verrai plus jamais. Comme j'avais du temps à tuer, une fois de plus, et l'estomac dans les talons, je me suis fourvoyé dans une sandwicherie du centre-ville, où j'ai échangé mes précieux deniers contre une éponge aux œufs. Encore une heure d'attente, sur un des sièges prévus à cet effet, dans la gare centrale d'Orléans. Où je ne remettrai pas les pieds de sitôt.

    De retour sur Paris, j'ai fait un crochet par chez Ramethep. J'ai répété, peu ou prou, à l'identique le schéma de la veille. Alimentation, descente de bières, une ou deux absinthes pour faire descendre la bière, et une vidéo pour s'occuper les yeux en attendant le dernier métro. J'ai commencé, sur le chemin du retour, "Un nom de torero", de Luis Sepulveda, écrivain chilien exilé en Allemagne, dont j'avais déjà goûté deux ou trois romans, il y a quelques années. C'est un petit roman, mais j'ai mis plus de deux jours à le finir, du fait de mes occupations parallèles. Nettoyage par le vide, au cœur de la poussière. Tremblez, mes poumons.

    Mercredi vingt, je ne suis pas sorti, ou si peu. Première grosse session de rangement/nettoyage/reconquête de l'espace intérieur extériorisé. Je ne me suis pas encore attaqué à défaire mes cartons rapatriés d'Orléans, pour le moment je me contente de faire de la place. J'ai réussi à refiler mon stock de bandes dessinées à mes parents, qui orneront (pas mes parents, les bédés) désormais les étagères de la chambre d'amis. Tant mieux, comme ça quelqu'un pourra les lire. Depuis quinze ans que je les thésaurisais.

    Dans l'après-midi, j'ai pris le thé chez mon grand-père, toujours préoccupé par ses visites au supermarché et le mauvais fonctionnement de la mutuelle générale de l'Education Nationale (sujet propice aux conversations dans une famille d'enseignants). Ma mère en était. Dans la foulée, j'ai fait les courses avec elle. Je ne le dirai jamais assez, mais j'a-do-re les supermarchés. C'est un des rares endroits sur terre où je sois véritablement heureux. Avec les hôpitaux.

    Après un dîner en règle, entre le père et la mère prompts à m'abreuver de conseils et m'inonder de leur bon sens en action, j'ai filé sur Paris, pour une séance de cinéma. "No country for old men", le dernier film des frères Coen. Bien meilleur que leurs deux précédents, un remake de "Ladykillers" inférieur à l'original (Alec Guinness dans un de ses meilleurs rôles) et une comédie lyophilisée, prévisible et convenue, "Intolerable cruelty". Le méchant tue les gens à coups d'air comprimé, le héros a un beau chapeau et des moustaches à l'avenant, le sheriff désabusé qui contre-enquête, revenu de tout, a le sens de l'humour macabre et la fesse facile. J'attendais ce moment depuis des années, et je n'ai pas été déçu. Retour nocturne en vélo, puis à pied, cinq kilomètres à travers la banlieue.

    Jeudi vingt-et-un, j'ai réitéré mes exploits de ramoneur à domicile. Deux nouveaux sacs expédiés aux ordures, après les trois de la veille. Je freine mon rythme naturel, sinon les éboueurs ne peuvent pas suivre. En fin d'après-midi, sans avoir pu jouer au scrabble (tout se perd), j'ai pris mes chaussures à deux pieds et la route dans l'autre, pour une catabase vers la capitale. Cinq kilomètres à pied, qui m'ont usé les souliers tout autant que la voûte plantaire. Une fois à Alésia, j'ai enfourché une bicyclette généreusement mise à la disposition des usagers, pour filer chez Ramethep. Huit kilomètres (vingt-sept minutes) plus tard, je me suis affalé sur une chaise, hors d'haleine, ruisselant; décidément, jamais l'hiver n'a été aussi torride.

    Rebelote, et dix de der. Vertige nous a rejoints moins d'une heure après, nous nous sommes cotisés pour nous offrir des nouilles, et nous avons regardé "Wonderland", une comédie urbaine, voire londonienne, de Michael Winterbottom. Distrayant. Nous avons courroné le tout d'une glace achetée hors de prix dans un magasin mystérieusement ouvert à pas d'heure (de l'avantage d'habiter dans un quartier "qui bouge", "qui sort", etc.). Retour en vélo libre, huit bornes dans les pattes, puis à pied, cinq kilomètres sur coussins d'air, à travers la banlieue, le livre à la main, dans le petit matin. Histoire de reprendre de mauvaises habitudes.

    Programme de la journée: lire, un tout petit peu. J'entame "La course au mouton sauvage", de Murakami (prénom Haruki), emprunté hier à Ramethep. J'ai fait le compte hier, je n'ai pas acheté de livre depuis cinquante jours. Je n'en suis pas peu fier. A ce rythme, je n'aurai plus rien à lire d'ici deux mille douze, vus les stocks accumulés. Ranger. Il me reste à envoyer par le fond plusieurs mètres-cube de papier poussiéreux, avant d'ouvrir des cartons que je viderai dans l'espace ainsi poldérisé. En soirée, dîner chez Tormentor, que je n'ai pas vu depuis l'an passé.

 

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Lundi 18 février 2008

    Lundi dix-huit février deux mille huit. Dix heures vingt-sept du matin. Les deux derniers jours ont été bien remplis. Les éléments de remplissage n'ont pas tous été positifs, mais l'important est d'aller de l'avant. Une page est tournée, à moi d'écrire la suite du bouquin. Hop. Métaphore, allégorie. Retour au domicile parental, pour un séjour de courte durée si possible, à moins que. L'avenir est un plat qui ne se mange pas.

    Samedi seize, je suis parti sur les routes avec mon frère, malade mais généreux, et Edriwing, tombé du lit, venu me renvoyer l'ascenseur du déménageur bénévole (j'ai dû être de ses six ou sept dernières migrations). Comme je suis un gland, je n'avais trouvé qu'un vingt mètres-cube pour déplacer les reliefs matériels de mon indépendance d'un jour. Mon frère, qui n'a pas l'habitude, a pris son courage à deux mains et le volant du camion dans l'autre. Et nous sommes partis. Mon père a payé la location, Edriwing était au régime, et j'étais bien embêté de monopoliser tant de ressources et d'efforts pour un mouvement qui n'eût pas été nécessaire si je n'avais pas, le mois dernier, donné ma démission. Flagellons-nous, ça ne sert à rien, mais ça fera passer le temps.

    Partis vers neuf heures trente du matin, nous sommes arrivés sur Orléans en un temps record. Vingt-deux euros de péage pour une heure d'autoroute, première pilule à déglutir. Nous trouvons à nous garer à proximité du domicile en cours d'abandon, il me reste deux cartons à faire, que je boucle tandis que ma main d'œuvre se met en branle, avec une redoutable efficacité. Je croise ma voisine du dessous, constatant pour la première fois qu'elle est enceinte jusqu'aux yeux, et je lui offre une bouteille d'huile d'arachide pour sceller mon départ. Je m'active sur la clôture, la pyramide de cartons disparaît comme autant de petits fours, mes quelques meubles et mon électro-ménager sont engloutis dans le ventre du monstre. En un temps record.

    Après avoir participé au chargement, je donne un coup de balai sommaire, en attendant mieux. Comme je suis un gland, je n'ai pas songé à fixer un rencard au proprio pour procéder à l'état des lieux dans la foulée. Du coup, je l'appelle et décide avec lui d'une date pour lui rendre les clefs, le voir passer un doigt sur les murs poussiéreux pour évaluer les dégâts de mes six mois d'occupation des lieux. Encore des frais inutiles, trente-cinq euros de train alors que j'aurais pu tout faire en une fois. Je ne suis qu'un homme en pain d'épices, pétri de regrets.

    Une fois achevé notre entreprise de vidange, il n'est pas tout à fait midi, et nous décidons de manger une bricole avant de reprendre la route. Garés sur un bateau, devant une porte de garage, nous optons pour une relocalisation du camion de location. Tour du pâté de maison. Dans son enthousiasme de jeune conducteur fraîchement initié à l'art de manier les poids-lourds, mon frère prend un virage un peu trop serré, percute une voiture à l'arrêt, lui arrache un phare, une aile et la moitié du moteur. Dommage.

    Une heure et demie plus tard, nous avons trouvé l'infortuné propriétaire du véhicule démoli, procédé au constat, appelé l'assurance, rempli des papiers, mangé un kébab et repris le chemin de l'école. Le camion n'a rien, sinon une barre en métal, mystérieusement disposée de part et d'autre du camion, qui a éperonné la voiture mal garée avant de finir sa course au sol. Bilan des courses, plus de mal que de peur, dégâts purement matériels. Malheur aux vaincus.

    Retardés par l'épisode car-crash, nous sommes contraints de reprendre l'autoroute. Je me fends des frais de péage (rappelons que je suis sans le sou), et nous arrivons, largement dans les temps, au domicile parental, qui nous accueille à cave ouverte, bienvenue, emplissez-moi, je n'attends que ça. Nous obtempérons, transférons le contenu du camion dans le garage aménagé, avant de prendre un thé bien mérité, café pour les cocaïnomanes, sur la table du salon. Puis retour à l'agence de location pour rendre le bébé meurtri par les misérables que nous sommes.

    Bilan des courses, location du bidule, plus trois cents kilomètres de route avalés, cinquante euros d'essence pour notre pomme non pris en compte dans le calcul, soit deux cents euros et des bananes. Et puis, grosse citrouille sur le gâteau, paiement d'une franchise pour la réparation du bahut: huit cents euros dans les gencives. Je contrains donc mon père à débourser mille euros pour un déménagement qui aurait pu ne pas avoir lieu. J'atteins des abîmes de culpabilité, là. Je n'y suis pas seul, mais j'ai connu des geôles fascistes moins humides, et moins sombres. Je travaillerai pour rembourser, c'est promis. Dès que j'aurai trouvé une place qui voudra bien de moi. Hop. Facile. Avec le marché du travail, en ce moment, il suffit de se baisser pour trouver à s'employer.

    En soirée, fuyant la débâcle familiale et le retour sororal (elle était en vacances, ma sœur, à la recherche de l'âme-frère et en visite chez le nôtre, de frère), je rejoins la post-session rolistique chez le Chat, pour un bilan de compétences imaginaires et un plan sur l'avenir fictif. Je reste dormir sur place, parce qu'il est tard, et j'embarque "Néfertiti dans un champ de canne à sucre", second roman de Philippe Jaenada, assez semblable au premier, mais agréable à lire. Une histoire d'amour fou, des détails insolites et des événements improbables, le tout avec des parenthèses emboîtées les unes dans les autres comme des matriochkas. Ca se lit comme un rien, je crois que je vais me farcir toute la brochette, ça me fera des vacances.

    Dimanche dix-sept, c'était hier, pas de jeu de rôles. La partie initialement prévue n'a pas eu lieu, because le maître de cérémonie (bibi) avait ses vapeurs, et parce que le frère de Nemrod a fait une crise d'épilepsie assez sérieuse, hospitalisation, désorientation et mobilisation familiale à son chevet. Je suis allé seul à Massy, prendre le thé chez Toto, jouer l'épilogue du Shadowrun de la semaine dernière (mon personnage a une fois de plus évité de peu la prison) et discuter de la campagne présidentielle américaine (on s'occupe comme on peut). Je suis rentré pas tard, jouer au boggle chez ma tante et m'aller coucher tôt, parce que, bon. Ca fatigue, les week-ends.

    Programme de la journée: bouquiner un peu, et puis me mettre au travail (recherche de). Tant que j'y suis, histoire de battre le fer pendant qu'il est chaud, vider mes cartons, trier mes affaires et jeter ce qui ne me sert pas. Faire du vide, le remplir et recommencer l'opération jusqu'à satisfaction. Attendre des réponses aux pistes amorcées, ça mord mais le poisson semble se complaire à buller. Pas grave, je serai plus patient que lui, et puis, j'ai un chapeau de paille qui me protège du soleil, et toute la vie devant moi. Sinon, mon agent m'a lancé sur une piste lointaine, à court terme, avec expatriation, et j'ai dit banco, pourquoi pas. N'écoutant que ma naïveté, j'ai donc décidé, une fois de plus, de mettre tous mes œufs dans le même château en Espagne, quitte à me casser le nez, après tout, il est là pour ça.

 

Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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Vendredi 15 février 2008

    Vendredi quinze février deux mille huit. Vingt-trois heures cinquante-sept. Dernière ligne droite avant mon déménagement. La semaine a été, sur la fin, consacrée au bouclage de mes cartons, au pliage des mes affaires et à la liquidation du superflu. Dans cette catégorie, est venue se ranger la quasi-totalité des feuillets accumulés en six mois (quatre pour ne pas faire preuve de licence poétique) de cours préparés, prodigués et reçus. Je me suis rendu compte, au passage, que j'avais oublié de corriger et rendre une interro de verbes irréguliers pour une de mes classes. Tant mieux, ça leur fera une bonne raison de me détester.

    Lundi dernier, je ne suis pas allé au cinéma, comme j'en avais initialement l'intention. Je ne suis pas allé chez Ramethep, et je n'ai pas mis les pieds hors de chez mes parents. Je suis resté au chaud, histoire d'achever les derniers remugles de mon rhume récent. J'en ai profité pour achever "One for the money", plutôt agréable à lire. Pas grand chose à en dire, sinon que je lirai avec plaisir les douze ou vingt suites, en temps utile. J'ai dormi une bonne partie de la nuit, ce qui fait du bien, pour changer.

    Mardi douze février, j'ai marché douze kilomètres pour rejoindre le Sultan dans le quartier latin. Je comptais prendre un vélo libre, mais le sud de Paris en était dépourvu. Sans doute victime des vagues de proches banlieusards venant travailler à Paris dans la matinée, qui fondent en masse sur les bornes de vélos libres, pour effectuer le soir leur anabase en sens contraire, désertant le centre de Paris pour venir en regarnir la périphérie. J'ai donc marché plus que de raison, jusqu'aux ampoules.

    Intercepté par Vertige, qui transitait dans les mêmes contrées que moi, je suis allé boire, en sa compagnie, un broc d'Esperluette, une petite blonde simple mais plaisante en bouche, à quatre euros la pinte mousseuse dans un troquet du quartier latin découvert, grâce au Loup, la semaine passée. Nous avons rejoint le Sultan, qui nous attendait dans le froid sibérien (à moins qu'une douce tiédeur n'ait régné sur Paris ce jour-là, les détails s'en sont estompés dans ma mémoire, qui va s'affaiblissant). Un bobun sut satisfaire, quoique temporairement, notre faim. Longue marche jusque chez Ramethep. Au menu de notre discussion animée, politique et religions. Nous avons tenu tout l'après-midi dessus.

    Fin d'après-midi passée chez Ramethep, le temps d'une ou deux théières. Pas de vidéo, le temps nous était compté. Vers dix-neuf heures, nous avons migré, le Sultan et moi-même, vers Suresnes, pour un dîner chez Piotr. Alma Mata nous rejoignit plus tard, mais nous l'attendîmes pour nous restaurer. Dans l'intervalle, nous devînmes des monstres de téléphagie, engloutissant des épisodes des Simpsons, divers événéments sportifs doublés en portugais, les noticias en chinois et un film américain de science-fiction datant de cinquante-quatre, "La conquête de l'espace".

    Le dîner fut avantageusement accompagné de boissons liquides, précédé de cinq entrées et escorté vers la sortie par une demi-douzaine de desserts, et je ne vous parle même pas des plats. Lyophilisé par ma longue marche, je ne fis qu'une bouchée du festin. Surpris par la nuit, le Sultan et moi-même avons partagé l'hospitalité que le maître de céans souhaitait étendre à tous ses invités. Le Sultan prit le divan, tandis que je me contentai du plancher, fort agréablement recouvert d'une fine natte de joncs. La conversation tourna autour des dodos, d'Alien contre Predator et de divers super-héros mineurs. J'ai le vague souvenir d'avoir longtemps commenté un documentaire animalier, mais les détails se brouillent comme les œufs dans mon assiette.

    Mercredi treize février, nous nous éveillâmes tardivement, dans nos positions respectives et respectueuses. Petit déjeuner massif, avec des crêpes, du riz au lait et la télévision en fond. Je suis bien content de ne pas avoir la télé, je passerais mon temps à la regarder. En début d'après-midi, toujours talonné du Sultan, j'ai traversé, nous traversâmes la banlieue jusques à Paris, avec une bonne portion de notre balade consacrée à nous excaver des allées sinueuses du Bois de Boulogne, propices à l'égarement. Réseau express régional mis à contribution avenue Foch, direction, une fois de plus, le quartier latin.

    Ayant longuement piétiné dans une librairie du quartier, dont je ressortis miraculeusement indemne, les bras aussi vides que ma bourse, nous allâmes me restaurer dans une gargotte bien connue, autour d'un bobun. N'écoutant que notre soif de répéter les expériences connues, nous orientâmes dès lors nos pas vers la République, ou ses abords, où nous attendait Ramethep, tapi en son rechet. Visionnage de quelques films, une version hong-kongaise de "Dragon Ball", avec des acteurs indonésiens, mais sans les droits d'exploitation; un film turc sans doublage ni sous-titres consacré aux ninjas, terriblement actifs dans les années quatre-vingts. Des nouilles chinoises, pour ne pas perdre la main.

    Comme Ramethep n'avait plus son tapis, j'ai dormi sur le plancher. Je le connais bien, ce plancher, ça fait des années que j'en ai fait ma résidence secondaire. Dans la matinée, le Sultan, toujours là, et moi-même, jamais en reste, avions prévu de prendre un train, chacun de son côté, vers nos destinations respectives, qui vers le nord et la riante Beauvais, qui vers le sud et la froide Orléans. Mais une inertie en amenant une autre, nous restâmes jusqu'en fin d'après-midi chez notre hôte avachi, rivalisant de bons mots dans une joute entre esprits frappeurs. Mon train partait vers dix-sept heures trente-six.

    Jeudi quatorze février. Je quittai la gare centrale d'Orléans, récemment remise à neuf, vers dix-huit heures quarante. Je n'atteignis pas mon domicile avant dix-neuf heures trente. Je ne sais pas où le temps avait fui; sans doute au même endroit que les trente années précédentes. C'est devenu une habitude, perdre mon temps, gâcher ma vie, me complaire dans l'échec et ne plus y penser. Bon. La soirée commençait sous les meilleurs auspices. J'emballai le plus gros de mes livres et autres possessions dans des cartons, et me mis au pieu dans le cœur avec un bon bouquin.

    "Le Tour du malheur", de Joseph Kessel, se décompose en quatre parties. J'en étais au second volet, "L'affaire Bernan". Plus je lis Kessel, et plus j'apprécie sa générosité. Il y a du Malraux chez lui, en moins clinquant. Sa prose conserve ce classicisme surranné mais toujours présent qu'on retrouve, aujourd'hui encore, sous la prose d'un Michel Déon, et qu'on pouvait goûter, il y a trois-quarts de siècle, chez Louis Guilloux. Je ne fais qu'amorcer des comparaisons sans doute imparfaites, mais bon. Saupoudrer le tout d'un peu de Zola, d'un zeste de Dostoïevsky, et le cocktail prend forme. Suite au prochain épisode, la semaine prochaine, si je me connais.

    Vendredi quinze février, ce matin donc, je suis devenu une machine à marcher, une fois encore, cette fois-ci sur un parcours réduit, de mon domicile à la poste tout d'abord, pour en extraire un courrier dépêché par l'inspection académique du Loiret, qui souhaiterait m'entrevoir avant d'entériner ma décision de démissionner (ils peuvent toujours se brosser, mon dernier mot est, par essence, irrévocable et sans appel), puis du même domicile, encore identifiable comme se rattachant à moi par un fil de plus en plus ténu, vers la borne de recyclage, située un peu plus haut dans ma rue. Papier, verre, papier, papier, papier. J'ai croisé, pour la première et dernière fois, mes voisins du dessous, qui promenaient leur chien et rentraient déjeuner en bleu de travail. J'ai mis les bouts, laissant derrière moi un champ de ruines.

    Une dernière fois, mes pas pressés m'ont conduit à la gare centrale d'Orléans, pour une dernière valse avec l'Aqualys de quatorze heures deux. J'avais garni mon sac à dos des dernières bières rescapées du sac de mon frigo par le héraut déménageur, préfigurant le grand chambardement de demain. Elles ont fini, ces quelques bières, dans le frigo de Ramethep, ou dans son gosier, c'est une question de temps. J'ai partagé ses agapes, me repaissant d'un riz pimenté inopinément acheté dans la rue. Sur le tard, je suis parvenu à louer un utilitaire pour mon anabase de demain (deux anabases dans le même article, c'est fou ce qu'on anabat par ici). Retour à Ekaterinbourg, pour une entrevue avec mon frère, qui fera, demain, office de chauffeur, et un dîner en famille. Ambiance mi-frileuse, mi-chaleureuse. Les girouettes sont décontenancées par le déréglement climatique, les pauvres.

    Programme des heures à venir: dormir un peu, mais pas assez. M'éveiller tôt, trop tôt. Concrétiser la location par le troc d'un flux monétaire contre un utilitaire de vingt mètres-cubes, avec chauffeur. Attendre qu'Edriwing, s'il a survécu à sa nuit, nous rejoigne. Mettre les bouts vers le grand sud, pour piller mon deux-pièces, à l'exception d'un balai et d'une montagne de regrets. Revenir sur Paris, la remorque aux trois-quarts vide. Entasser dans la cave parentale, voire grand-paternelle si cela s'avère utile, les reliefs de mon indépendance. Le soir, pour peu qu'on en ait le courage, aftermath chez le Chat, au lieu d'une séance pleine. Dans l'intervalle, un peu de lecture. Je suis sur un roman de feu John M. "Mike" Ford, "Growing up weightless", qui tiendra ses promesses, comme tous les romans de Mike Ford dévorés jusqu'ici.

 

Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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Dimanche 10 février 2008

    Lundi onze février deux mille huit. Onze heures vingt-trois du matin. Température au sol, quinze degrés en pleine journée, zéro degré la nuit. En ce moment, je circule surtout le jour, mais il m'arrive de me balader la nuit, donc je suis soumis aux deux revers de la médaille. Je suis obligé de suer le jour et de me frigorifier la nuit. Tels sont les aléas météorologiques de ce début de siècle.

    Jeudi s'est achevé comme il avait commencé, dans la solitude. J'ai mangé des cannelloni, ce qui n'est pas banal, et bu de la bière. Il me reste une demi-douzaine de bières dans mon frigo, et moins d'une semaine avant mon déménagement; parviendrai-je à leur régler leur sort dans un si bref délai? Le suspense est insoutenable.

    Vendredi, je me suis barré. Orléans est une ville dont j'ai fait le tour. Non qu'il n'y ait encore des endroits à visiter, des musées dans lesquels piétiner, tout un univers de sensations nouvelles à découvrir avec la venue du printemps, mais mon séjour orléanais a occupé tout l'espace qu'il était susceptible d'occuper. Ma connaissance de la ville et de ses environs en restera définitivement où elle demeure présentement. Dans cinq jours, je quitterai définitivement la ville, et bon débarras.

    Vendredi huit février, comme chaque semaine depuis quelque temps, j'ai pris le train de quatorze heures deux, qui me dépose vers quinze heures en gare d'Austerlitz. Comme les journées sont ensoleillées, j'ai pris un vélo libre jusque chez Ramethep, où j'ai mangé des nouilles, puis des pizzas. J'avais apporté des bières, dont mon frigo regorge. Je n'ai pas la capacité matérielle de descendre des bières suffisamment vite. Vertige était là. Nous avons regardé "The big heat", un polar de Fritz Lang tourné dans les années cinquante, et "The decline of Western civilization", deuxième partie, un documentaire de quatre-vingt-huit sur le heavy metal. Retour à pied, puis en train.

    Samedi neuf février, je me suis réveillé chez mes parents. Sauf revers d'infortune, cette scène risque de se répéter mainte fois dans les semaines à venir. J'ai esquivé le déjeuner en famille pour fuir sur Paris, à pied puis en vélo, chez Tonga et la Souris, pour une bouffe, puis quelques parties de cartes, et comme le soir nous est tombé dessus à l'improviste, j'y suis resté pour une raclette. Je suis rentré vers la minuit, à bicyclette puis à pied. Bilan des opérations, huit kilomètres à pied et quinze bornes à vélo. J'en ai rêvé toute la nuit.

    Dimanche dix février, nous fêtions, par surprise, les soixante ans de mon père. Différents parents proches en étaient. Treize à table, un repas plantureux, notamment un tiramisu délectable. J'ai mis les bouts vers seize heures, au moment du café, me rendre à Massy pour une partie de Shadowrun. La partie s'est bien déroulée, malgré un épilogue dont les conséquences s'annoncent difficiles à démêler. Suite le mois prochain. En soirée, partie de boggle chez ma tante, et retour à domicile.

    Programme de la journée: me reposer un peu, jouer au scrabble si je trouve une partenaire disponible, mais je crains que ça ne soit pas le cas. Lire un peu. Je suis actuellement sur un roman policier léger, "One for the money", de Janet Evanovich. Une jeune femme devient chasseuse de primes pour rembourser ses dettes, mais la cible qu'elle traque est peut-être l'élu de son cœur, voire innocent du crime dont on l'accuse. Il y a une douzaine de suites, apparemment. La semaine dernière, j'avais terminé "Pollen", avant de lire "La vie Payenne", un bref roman de Jean-Bernard Pouy, dont j'ai vraisemblablement épuisé tout le stock dont je disposais.

    Plus tard dans la semaine: demain, retourner sur Orléans. Finir mes cartons, vider mon frigo, jeter les papiers, bouteilles et autres déchêts recyclables accumulés au fil des mois. Trouver une camionnette à louer, y entasser ma main d'œuvre bénévole et quitter à jamais mon appartement. Retour à la case départ, sans toucher vingt mille euros.

 
Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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Jeudi 7 février 2008

    Jeudi sept février deux mille huit. Dix-huit heures treize. Température au sol: seize degrés celsius. Il n'y a plus de saisons. Et moi qui comptait sur un hiver convenablement froid, avec tempêtes de neige, verglas sur les routes et villes bloquées. Le seul blocage dont j'aie eu à souffrir cette année a été dû à la société nationale des chemins de fer français. Je ne sais d'ailleurs pas si les grévistes d'un temps ont obtenu ce qu'ils voulaient, ou si le magicien-hypnotiste-manager de l'Etat français a su leur faire prendre des vessies pour des lanternes chinoises, comme il l'a déjà fait avec d'autres.

    Le gouvernement (énormément, pour paraphraser je ne sais plus quel groupe occitan d'il y a dix ou vingt ans) a par ailleurs, entre autres projets actuellement sur son agenda, une vaste réforme des concours de l'enseignement. Que dis-je, une réforme, une suppression. Les collègues se mobilisent, lèvent leurs boucliers vers le ciel et multiplient les grèves. Personnellement, ça ne me concerne plus, et puis, je trouve ça plutôt pas mal. Ca permettra que les fourvoyés de mon espèce s'en sortent avec un diplôme universitaire, alors que là, nib, deux ans de jetés en l'air pour les beaux yeux de la princesse. Non que ça me dérange fondamentalement, mais bon, un bac plus cinq, je n'aurais pas dit non.

    Le coucher de soleil est superbe. Je ne le vois pas directement, mais j'en devine les balbutiements qui s'étendent sur l'horizon, vers les commissures de mon regard. Quand je quitterai la salle informatique que je squatte sans honte, il fera froid. Je me suis vêtu en conséquence. L'an dernier, à la même date, ou peu s'en faut, j'étais à Vesoul, pour un festival international des cinémas d'Asie. Cette année, je n'y étais pas. Le festival s'est clôturé la semaine dernière, en mon absence. Une délégation de mon ancienne fac (ou assimilé) s'y est tout de même rendue. C'est bien de voir que le projet n'est pas mort faute d'un ou deux moteurs.

    Hier soir, répétant un schéma initié la veille, je me suis rendu au cinéma, pour faire usage de mon abonnement mensuel. J'ai vu "Into the wild", de Sean Penn, d'après l'ouvrage de Jon Krakauer, de même titre, que je n'ai pas lu. Le film était superbe, ça m'a rappelé mes désirs d'évasion quand j'avais vingt ans et que je lisais Kerouac pendant mes vacances en Norvège. Exceptionnellement, et ça ne m'a pas échappé, le film était projeté en version originale. J'ai l'habitude, merci Paris, de voir tous les films en version originale sous-titrée. Mais depuis mon exil orléanais, province oblige, j'ai toléré d'être soumis à des versions doublées. L'arriérisme culturel de la province est-il en train de se faire battre en brèche?

    Mon avant-dernière semaine orléanaise se passe bien. Je dresse un bilan de mon expérience ici, je tire un trait sur les erreurs de ces six derniers mois, tout en ébauchant des pistes d'avenir. Je n'ai pas de projet, mais encore une ou deux pistes professionnelles, dont j'espère qu'elles porteront leurs fruits dans les semaines à venir. N'en disons pas trop, ça pourrait exorciser la bête. J'ai commencé à faire mes cartons. J'ai notamment scellé toute la paperasse produite en quatre mois de cours, préparations et formations reçus et dispensés. On réouvrira tout ça dans quelques années, quand les braises du ressentiment auront cédé la place aux cendres de la nostalgie déplacée.

    "Pollen", second roman de Jeff Noon, achevé ce matin, était agréable à lire. Il y a deux prequels, des non-suites écrites après mais qui se passent avant, donc, dont une que je possède et qui s'inspire en grande partie d'"Alice au pays des merveilles". Dans "Pollen", déjà, on voyait des parallèles s'esquisser entre Alice et le mythe d'Orphée. J'en saurai davantage le mois prochain, quand j'aurai lu "Automated Alice".

    Actuellement en cours de lecture, "The antipope", de Robert Rankin, premier tome de la "Brentford Trilogy", qui en compte actuellement huit. Ce premier roman du cycle a été publié en mille neuf-cent quatre-vingt-un, il y a une paie, donc. Jusqu'ici, ça fait pas mal penser à du Douglas Adams, le même genre d'humour pince-sans-rire. Des éléments fantastiques sont prévus, mais pas encore apparus. L'essentiel de l'action se passe dans l'unique pub d'une petite ville (village?) en bordure de Londres. Le cover-blurb parle aussi de Flann O'Brien, et à la réflexion, c'est vrai que ça me fait un peu penser au "Third policeman" et autres nouvelles, lus il y a quelques années. C'est le genre de roman qui se lit tout seul, et je pense ne pas me tromper de beaucoup en supposant qu'il ne survivra pas à une nuit de lecture, sans trop forcer.

    Programme de la soirée, et des jours à venir: ce soir, lire. Manger quelque chose, avec une bière pour vider le frigo. Il me reste quelques conserves à écluser avant de mettre la clef sous la porte, autant en profiter pour manger en quantités normales, pour changer. Il me reste une dizaine de bières au frais, que je désespère de terminer avant mon départ précipité de la semaine prochaine. Demain, pour peu qu'on m'y convie, rejoindre Paris, les amis, la famille et tout ce qui s'ensuit. Préparer le retour triomphal du fils prodigue. Je m'y crois déjà.

 

Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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Mercredi 6 février 2008

    Mercredi six février deux mille huit. Dix-sept heures cinquante-quatre. L'air est comme réhaussé d'un discret avant-goût de printemps. Les branches d'arbre que j'espionne, depuis ma fenêtre haut perchée, s'ornent d'esquisses de bourgeons. D'ici quelques semaines, c'est par milliards de tonnes que la feuillaison accroîtra la biomasse de nos forêts, jardins et promenades plantées. Le long de la Loire, que je côtoie pour quelques jours avant de mettre les bouts, les oiseaux migrateurs sont de retour. Les beaux jours sont revenus, il est temps que j'aille rejoindre la grisaille parisienne.

    Avant-dernière semaine sur Orléans. De fait, la semaine est boiteuse, tronquée, unijambiste et mal dans sa peau. La température extérieure est anormalement élevée, le ciel dégagé, la nuit, qui doit venir bientôt, prévisionnellement pleine d'étoiles. Hier, il pleuvait. Comme quoi.

    Dimanche trois février, j'ai déjeuné de quelques graines récupérées dans un placard, avant de filer sur Massy pour une partie d'Earthdawn. Les choses sérieuses commencent, depuis un an et demi que notre campagne a débuté. Earthdawn, pour les gens qui ne connaissent pas, c'est de la fantasy proto-historicisante, dans un passé mythique de la Terre. Ca ressemble vaguement à du Donjons et Dragons, mais en bien. Les capacités surhumaines, donc magiques, sont rationnalisées, et l'univers obéit à des lois cohérentes. C'est un point de vue, mais je le partage assez.

    Zoltran le Balafré, Nemrod le Sombre et Gregorio Alfonso Campio de la Campetina Sombra Suarez survivront-ils à leur rencontre programmée avec la Légion du Crépuscule? Réponse le trente mars. Au programme des semaines prochaines, Shadowrun, Fading Suns et différents bouche-trous, en fonction de l'inspiration.

    Le dimanche en soirée, plutôt que d'aller chez ma tante, trop fatiguée pour jouer au boggle, je suis rentré chez mes parents. Aucun souvenir de mon activité. J'ai dû lire Joseph Kessel et dormir tôt. Mon retour programmé chez les parents se passe plutôt bien. Je ne désespère pas qu'il soit de courte durée. Ca m'embêterait assez de devoir y revenir durablement.

    Lundi quatre février, j'ai passé l'après-midi à achever "La fontaine Médicis", de Joseph Kessel. J'ai mis du temps à entrer dans le roman, mais finalement j'y trouve mon compte. Deux frères, issus d'une famille plutôt modeste, découvrent la vie, en dix-neuf cent quinze, à Paris. L'aîné finit par s'engager, il connaîtra l'enfer des tranchées tandis que le cadet, débauché par la mère d'un ami, découvre l'attrait du lucre. Le roman s'achève à l'Armistice. "Le Tour du Malheur" compte trois autres tomes, que je lirai sans doute dans les semaines à venir. Le tout a été publié en mille neuf cent cinquante.

    En début de soirée, j'ai rejoint le Loup, une amie et Alma Mata, dans un rade inconnu du quartier latin, pour boire quelques bières bon marché. La conversation a tourné autour du monde académique, universitaire donc, et de ses travers, toutes les personnes en présence (sauf moi, à la limite) ayant eu à subir des revers liés au système et aux gens qui l'habitent. La soirée a duré plus longtemps que prévu, dans un deuxième troquet. J'ai finalement opté pour un retour chez mes parents, histoire de manger quelque chose de chaud et de dormir dans un lit avec sommier. Que voulez-vous, on vieillit, on en vient à apprécier le luxe, ou tout du moins le confort.

    Mardi cinq février, mon père a eu soixante ans. Ce qui ne nous rajeunit pas. Je ne l'ai pas vu de la journée, mais le cœur y était. En soirée, n'ayant trouvé personne à aller voir sur Paris, je suis rentré sur Orléans. J'ai mangé un kébab et ai profité de la proximité d'un cinéma pour aller voir "Astérix aux jeux olympiques". Le film est divertissant, le casting plutôt réussi (Cornillac infiniment meilleur que Clavier), sauf Poolvoerde, qui en fait trop. Beaucoup de scènes inutiles, Alain Delon devant la glace, Zidane déguisé en athlète égyptien découvrant le football, etc. Mais, bon. Je savais à quoi m'attendre, donc je n'ai pas été déçu.

    Ce jourd'hui, contrairement à ce que j'avais prévu, je n'ai pas commencé mes cartons. J'ai dormi jusqu'à midi. Une douzaine d'heures de sommeil, un peu de lecture, un peu d'alimentation. Je suis actuellement sur "Pollen", de Jeff Noon, qui fait suite, vingt ans après, à "Vurt", lu il y a quelques semaines. Dans l'ensemble, le roman est mieux construit, les personnages plus solides, l'intrigue moins dissoute, le style plus compact. Je préfère donc cette suite. Hop. C'est dit. Reste à voir comment le plot va se résoudre, au confluent du rêve, de la réalité, des dimensions virtuelles et des croisements humains/non-humains.

    Programme de la soirée: voir ci-dessus. Rentrer dans mon futur ex-logement, faire quelques cartons si l'envie m'en prend (j'aurais l'impression d'avoir fait quelque chose de constructif aujourd'hui, et je n'en dormirais que mieux), essayer de boire quelques bières pour vider mon frigo avant la date de mon départ. Lire jusqu'au petit matin, ce ne sont pas les options de lecture qui manquent. Demain, nettoyer, récurer, emballer. Faire la grasse matinée si je m'en sens capable, c'est une activité pour laquelle je me sais des prédispositions.

 

Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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Dimanche 3 février 2008

    Dimanche trois février deux mille huit. Midi une. Petite forme. Les prolongations d'une crève standard gênent mon sommeil. Les incertitudes d'avenir paralysent mon élan vital. Les amis sont moins présents qu'autrefois, normal, ils ont une vie, et peu de forfait. La famille est présente, heureusement, de plus en plus présente, d'ailleurs. Je vais retourner habiter chez mes parents, finances obligent. La belle saison se profile à l'horizon. Je lis abondamment, à l'eau claire.

    Jeudi dernier, hormis une parenthèse de trois ou quatre heures pour m'aller perdre en ligne, j'ai lu tout le jour, soit une quinzaine d'heures. "The golden fool" y est presque passé. Je l'ai fini le lendemain. Vendredi premier février, j'ai fui sur Paris, sans avoir fait la moitié des rangements que je planifiais pour l'appartement d'Orléans. Déménagement prévu le samedi seize février, avec la main d'œuvre que j'aurai pu mobiliser.

    J'ai passé l'après-midi chez Ramethep, devant un écran vidéo. Brochette de chefs-d'œuvre inusables, "Detour", un film noir de quarante-cinq, road-movie avant l'heure; "Ricky Oh", lutte d'un kung-fu master contre la corruption dans une prison hong-kongaise, et "Le justicier contre la reine des crocodiles" ("The devil's sword"), de la sword-and-sorcery indonésienne d'il y a vingt ans. Le lendemain, pour bonne mesure, j'y suis retourné, pour consommer "Dracula: dead and loving it", de Mel Brooks.

    Toujours samedi, puisque nous avons habilement basculé au deux février, j'ai croisé mes parents, chez qui j'ai dormi, déjeuné d'un bobun avec Tonga, puis bu une bière coupée à l'eau dans un rade du quartier latin où jamais je ne remettrai les pieds. J'ai traîné mes guêtres porte de Versailles pour un salon à l'emploi dans la fonction publique, sans en tirer grand-chose. Passage éclair chez Ramethep, mais je l'ai déjà dit, et retour au bercail. Ca devient une habitude, ça va vite devenir une nécessité.

    J'ai tout de même pu caser une partie de scrabble avec ma mère, hier soir, entre deux plages horaires. La fièvre et les encombrements me rendent quelque peu morose. Enchaînés depuis hier, "La clef des mensonges", un polar de Jean-Bernard Pouy cru quatre-vingt-huit; "Hey Nostradamus!", septième ou huitième roman de Douglas Coupland (un des plus aboutis) et "La fontaine Médicis", premier volume du "Tour du malheur", tétralogie de Joseph Kessel sur la Grande Guerre et les années qui ont suivi. C'est mon premier roman de Kessel. Pour le moment, je ne suis pas emballé, mais ça n'est sans doute qu'une question d'emballage.

    Programme de la journée: déjeuner seul sur un coin de table, d'une tartine et d'un peu de miel. A moins que ma sœur ne daigne me préparer quelque chose, les parents ayant posé leur journée pour aller vadrouiller dans la vie associative, foisonnante, de notre petite ville de banlieue parisienne. En après-midi, et en soirée tant qu'on y est, me rendre à Massy pour une partie d'Earthdawn avec les copains. A la minuit, ou peu avant, crocheter par chez ma tante pour une partie de boggle endiablée, on ne change pas les habitudes si on peut éviter. Occuper mon insomnie nocturne avec Kessel, puis un autre roman, si le sommeil ne vient toujours pas.

    Programme de la semaine, tant qu'on y est: assez tôt, lundi si possible, mardi au plus tard, repartir sur Orléans, histoire de donner un coup de propre et de rangé à l'appartement. Le proprio le remet en location dans la semaine, il se pourrait qu'on vienne le visiter. Non que l'appartement soit spécialement sale, mais les livres qui traînent, le linge qui sèche et la poussière qui attend, tapie sous la table du salon, qu'on l'en extraie, mériteraient d'être éliminés, ou entassés dans des cartons. Dans moins de deux semaines, je n'habiterai plus chez moi, ou mon logement sera vide et sans âme. Si j'ai du temps, trouver un emploi, ça urge.

 

Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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Jeudi 31 janvier 2008

    Jeudi trente-et-un janvier deux mille huit. Dix-huit heures cinq. Les choses bougent, dans ma vie. Il fait froid, il pleut, je tousse et j'aurai froid, dans une petite heure, quand je rejoindrai le monde extérieur. Il fait nuit, et j'ai une demi-heure de marche pour rentrer chez moi. Je n'ai réussi à m'arracher à ma léthargie qu'au prix d'un effort certain. Marcher une heure par jour, par tous les temps. Manger au lance-pierre.

    J'ai touché ma paie de janvier, mais comme je n'ai pas travaillé, je n'y ai pas droit. Elle est indue. Je devrai donc, dans un avenir incertain, la restituer intégralement à l'Etat français, qui m'employa. Mes parents, qui contrôlent de nouveau ma destinée financière, ont bloqué l'argent sur un compte à part. Pour que je ne sois pas tenté d'y toucher. Cela fait un mois, jour pour jour, que je n'ai pas acheté de livre. J'ai l'impression d'être un naufragé, accroché à une bouée, perdu au milieu du Pacifique. Les naufrages, pas à dire, ça fait voir du pays.

    Tout à l'heure, j'ai déposé, avec mon chèque de loyer pour février, le dernier avant expiration du contrat de location, ma lettre de dédite, et le double des clefs. Mon propriétaire fera paraître, mardi prochain, une annonce dans les journaux, et fera visiter l'appartement, en fonction des réponses, dans la semaine. Le processus est enclenché, je ne serai bientôt plus chez moi. Voici revenir la valse des cartons. Il faudra que je recrute de la main d'œuvre, courant février, pour m'aider à vider les lieux. Avis aux amateurs.

    J'y serai donc resté six mois, dans cette brave ville d'Orléans. Dans l'ensemble, je n'ai pas trop à m'en plaindre. Certaines tendances bourgeoises un peu trop prononcées, les victimes de la mode s'y comptent par milliers, et le centre-ville n'est consacré qu'à l'habillage des gens. En ce moment, la ville tout entière est bradée, ce sont les soldes, moins septante pour cent sur tout le stock. J'aurais besoin de m'acheter des chaussettes, une ceinture et des pantalons. Ca devra attendre la prochaine moisson grasse.

    Bon. Je suis resté deux jours de plus sur Paris que prévu, lundi chez Ramethep, mardi chez Edriwing, avant de reprendre la route du Sud. Les aller-retour me coûtent plus cher qu'avant, mon abonnement-réduction ayant pris fin avec le trimestre. L'aller et retour me revient donc à trente-cinq euros. Pas possible d'en faire plus d'un par semaine.

    Depuis lundi, voir dimanche, je suis malade, modérément mais sûrement, avec fièvre légère, maux de tête occasionnels, éternuements, gorge irritée, toux sèche et poumons occupés par un syndicat bruyant. Un peu comme il y a trois semaines, donc. Ne pas m'être soigné a pu entraîner une rechute. Je ne sais pas. Aujourd'hui, j'ai l'impression que les choses se sont améliorées. Le fait de rester immobile, sous la couverture, à lire en attendant que ça passe. Boire du thé, de la bière, ne rien manger, ou presque. Deux petits-déjeuners par jour, et c'est tout.

    J'ai terminé "Vurt", de Jeff Noon, qui pour un premier roman, se défend. J'attendrai une ou deux semaines avant de lire la suite, "Pollen". Le troisième roman dans la séquence, "The automated Alice", m'était connu depuis des années, et attend patiemment son tour, dans une pile de livres non lus. Ai enchaîné avec "Le chameau sauvage", de Philippe Jaenada, roman très intéressant, mettant en scène un brave gars auquel arrivent plein d'ennuis.

    Je suis actuellement sur "The golden fool", de Robin Hobb, second roman de la trilogie du "Tawny man". Cette trilogie fait suite à deux autres trilogies, "The farseer trilogy" et "The liveship traders". En français, les trois trilogies ont été publiées en un nombre indéterminé de tomes, sous deux étiquettes différentes, "L'assassin royal" et "Les aventuriers de la mer". Aucune idée de ce que valent les traductions.

    Le programme de la journée est assez simple. De la soirée, plutôt. Rentrer chez moi, prendre un second petit-déjeuner. Lire jusqu'à ce que le sommeil me gagne. Sans doute vers trois ou quatre heures du matin. En ce moment, je m'endors tard et je m'éveille en milieu de matinée. Demain, commencer à ranger l'appartement, passer un coup de balai pour que le propriétaire puisse commencer à faire visiter les lieux aux locataires putatifs. Ce week-end, retour à Paris.

 
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Lundi 28 janvier 2008

    Lundi vingt-huit janvier deux mille huit. Vingt-et-une heures trente-quatre. Mal au crâne. Bronchite ou pharyngite en cours de propagation le long de mes voies respiratoires. Sans doute la conséquence d'un week-end un peu trop chargé, au sommeil trop irrégulier, insuffisamment réparti de part et d'autre de l'axe médian. En restant souple sur mes bases, je compromets ma santé.

    Jeudi dernier, vingt-quatre janvier, j'ai fait à peu près les mêmes choses que la veille, lu, dormi, peu mangé, marché une demi-heure pour m'aller connecter depuis la salle informatique de l'institut universitaire de formation des maîtres. J'ai terminé "The closed circle", qui était très bon, et lu "Le bonheur de la femme au foyer", de Heleen van Royen (traduit du néerlandais), un roman sur la vie conjugale, la naissance et l'internement psychiatrique. Humour noir.

    Vendredi vingt-cinq, j'ai quitté assez tôt Orléans, pour aller rejoindre le Sultan, ainsi que Vertige, chez et en présence de Ramethep. La dérive habituelle. Films, nouilles chinoises, bières. "Le jour où la terre s'arrêta", "Sergent Pepper's lonely hearts' club band", avec les Beegees, et "Hard-rock zombies". Resté dormir sur place, par terre et vers cinq heures.

    Samedi vingt-six, levé vers onze heures, je suis allé manger indien avec Joe Gold, de passage à Paris, et un autre ami, étudiant en slovène. Retrouvailles agréables. En après-midi, partie de Conspirations chez le Chat. Mon personnage, ivre de puissance, va sans doute devenir injouable. En soirée, retour chez mes parents par le dernier métro, et un peu de lecture nocturne. Ai terminé "Red harvest", de Dashiel Hammett, le roman qui a inspiré "Yojimbo" de Kurosawa, et son remake par Sergio Leone ("Pour une poignée de dollars", ou un titre approchant).

    Dimanche vingt-sept. Levé tôt, j'ai mis au point, avec mon père, ma situation financière. Je suis allé retrouver Piotr, en compagnie du Sultan, pour un brunch dominical en agréable compagnie. Alma Mata, de retour d'Inde, était de la partie. Elle m'a offert du shampooing, que j'ai oublié sur place. Parti avant la fin, mais le ventre plein, je suis allé à Massy jouer à Shadowrun. En soirée, partie de boggle chez ma tante. Hop. Retour tard. Ca devient une habitude.

    Ce matin, déjà malade, j'ai battu ma mère au scrabble, avant d'aller sur Paris, prendre le thé chez Ramethep, jouer au trivial pursuit et regarder un film, "Mille milliards de dollars", avec Patrick Dewaere. Bon film. Rentré tôt. Joué au scrabble avec ma mère (j'ai gagné nos six dernières parties en date). Ai pris une aspirine, qui devrait, j'espère, bientôt faire effet.

    Programme de la soirée: me coucher tôt, lire un peu si j'en ai la force. Je suis sur "Vurt", de Jeff Noon, réalité virtuelle et amours interdites. Programme de demain: rentrer sur Orléans, écrire à mon propriétaire pour dénoncer le bail, commencer à nettoyer, voire à faire des cartons. Si je suis trop malade, je resterai peut-être ici, histoire d'être au chaud, auprès des miens. Ca compte parfois, la chaleur humaine.

 

Par Paraph - Publié dans : schopenhauer
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